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ICHIMOKU : bien plus qu’un simple indicateur technique ? Interview de D. Cohen de Lara

Article du 20/09/2026
Interview de D. Cohen de Lara, auteur de "Trading Ichimoku" qui fait suite au "Pouvoir d'Ichimoku"
Interview en vidéo ici : www.youtube.com

Jean-David Haddad : Je vous ai parlé plusieurs fois d’analyse technique et je vous ai dit que je regardais des choses assez basiques (RSI, canaux de tendances, gaps, etc.), mais qu’il existait une foultitude d’indicateurs, de méthodes d’analyse technique.
Parmi elles, Ichimoku, qui est à la mode depuis quelques années, et il y a un livre, Trading Ichimoku, écrit par Daniel Cohen de Lara, qui fait suite au Pouvoir d’Ichimoku, que le même auteur avait écrit il y a 3 ans de cela ; ces deux livres sont édités par JDH Éditions, c’est-à-dire par ma société.
Je pense qu’il faut toujours s’ouvrir et écouter les autres, qui sont d’éminents spécialistes dans leur domaine ; après, on se fait nos propres opinions. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je vais interviewer Daniel Cohen de Lara, l’auteur de ces deux livres, pour qu’il nous explique exactement ce qu’est Ichimoku, l’utilisation que l’on peut en faire, les résultats que ça donne, que lui a pu obtenir, etc.
Je suis donc en compagnie de Daniel Cohen de Lara, auteur des deux livres Le Pouvoir d’Ichimoku et Trading Ichimoku. Daniel a également écrit un livre sur les bandes de Bollinger, sur Fibonacci et sur les chandeliers japonais (que nous utilisons tous ; c’est un outil de l’outil). Daniel est donc un éminent auteur, un éminent spécialiste de l’analyse technique, et aujourd’hui, je vais l’interroger sur son nouveau livre, Trading Ichimoku.
Alors, déjà, pour les lecteurs de FranceBourse qui ne sont, pour la plupart, ni des spécialistes d’Ichimoku ni des traders, peux-tu un peu nous circonscrire la place d’Ichimoku dans l’analyse technique, et ce livre, Trading Ichimoku, est-ce un livre réservé aux traders qui font du très court terme sur les indices et autres, ou est-ce que c’est du trading au sens large (par exemple : on achète une action pour la revendre 6 mois ou 1 an après en raison de ses fondamentaux) ?


Daniel Cohen de Lara : L’analyse technique est en fait un ensemble de filtres, c’est du traitement du signal. Donc les analystes techniques, au fil du temps, ont créé des indicateurs, des moyennes mobiles, des RSI, des MACD, etc., qui ne sont que des filtres du signal, l’objectif étant de trouver les tendances, de prévoir l’évolution des cours. Ichimoku est un pan entier de l’analyse technique.
L’origine est japonaise, venant d’un journaliste économique et financier japonais, Goichi Hosoda, qui a cherché une méthode de prédiction des cours. Dans les années 1930, l’analyse technique en était un peu à ses balbutiements, et il a travaillé pendant une trentaine d’années pour trouver une méthode de prédiction des cours. Cette méthode, elle est géniale, extraordinaire ; ça fait 15 ans que je l’utilise et je suis toujours émerveillé par la précision d’Ichimoku et la justesse des analyses que permet cette méthode.
En quelques mots, au lieu de travailler, comme on le fait en analyse technique, sur des supports, des résistances, un peu des extrêmes de marché, M. Hosoda est allé chercher les niveaux d’équilibre du marché pendant une période donnée, l’objectif étant de circonscrire quelles ont été dans le passé les zones de prix fortes. Quand on a cassé ces zones de prix, les courbes descendent, puis à un moment donné, les courbes remontent et, en fait, ces zones d’équilibre sont celles sur lesquelles le marché va essayer de revenir, et quand il sera revenu sur ces niveaux, eh bien il se posera la question : parce qu’Ichimoku est très lié aux fondamentales, la société dans le passé était sur tel niveau, aujourd’hui, après ses problèmes, elle est revenue à ce niveau, est-ce qu’elle les vaut vraiment ou est-ce que la société a mis en place des éléments de redressement, et est-ce qu’elle est dans un cercle vertueux maintenant ? Et c’est tous ces niveaux qui font la méthode Ichimoku, qui sont des niveaux d’équilibre du marché, des niveaux précis, et ce sont en fait ces niveaux que le marché va chercher et, très souvent, les niveaux de support et de résistance ont été créés postérieurement par les niveaux majeurs d’Ichimoku, tout simplement parce que le marché est allé les rechercher. Ce sont les 5 lignes.

Cf graphique en image

On va donc avoir une ligne verte qui est le point médian sur 9 périodes ; la ligne rouge est le médian sur 26 périodes ; la ligne bleue est le point moyen sur 52 périodes ; et la ligne orange, on va dire que c’est le point moyen sur le moyen terme, sur 17 périodes.

JDH : Et donc, quand les chandeliers sortent du nuage, qu’est-ce qu’il se passe ?

DCL : Quand ils sortent vers le haut, on est en train de passer dans une tendance qui est haussière ; cependant, il y a différentes conditions, il ne suffit pas que les cours soient au-dessus du nuage pour pouvoir dire qu’on est en tendance haussière. Si on reprend le graphique, on voit qu’à un moment, on est sorti légèrement, mais on est reparti vers le bas. Et quand on repart vers le bas, avec certaines conditions, cela veut dire que l’on est en tendance baissière. Mais il y a d’autres conditions qu’il faut respecter, que j’ai déterminées dans le temps, parce qu’à l’époque, M. Hosoda avait découvert beaucoup de choses, mais pas tout.
J’ai aussi fait, pendant près de 10 ans, du travail de recherche sur la méthode, et j’ai découvert des concepts complémentaires à ceux de M. Hosoda, donc qui ont enrichi la pratique de la méthode.

JDH : Donc, si je comprends bien, c’est une méthode qui, comme tu l’as dit, a un rapport avec la fondamentale, donc qui ne concerne pas uniquement les traders, qui font du day-trading par exemple et qui traitent sur des indices, ça peut concerner aussi un trading qui va consister par exemple à acheter des actions sur le moyen terme pour miser sur un mouvement qu’on veut capter sur 6 mois, par exemple ?

DCL : Oui, c’est du traitement du signal, donc c’est valable sur toutes les unités de temps et sur tous les actifs.

JDH : Quelque chose m’interpelle : on vient de voir un graphique où on voyait le nuage, et moi, dans ma méthode, la narrative morphology (www.francebourse.com), je considère qu’on doit repérer en Bourse les changements de rang social d’une action. Par exemple, quand un PER passe de 15 depuis des années à 25, comme ça a été le cas de Thales depuis quelque temps, parce que le narratif de la défense a été survalorisé et que l’action remonte dans la stratification de l’espace actionnarial. Est-ce qu’Ichimoku permet de voir ça ? Je présume que oui, car tu nous parles de point d’équilibre, donc on peut voir ce changement de zone d’équilibre ?

DCL : C’est exactement ça. Lorsque les cours passent au-dessus de certains niveaux fondamentaux, on peut faire le parallèle avec ton approche. Ça rend quelque chose d’actuel : le rang social des actions. À partir du moment où les conditions sont remplies et que l’action est dans une tendance haussière confirmée, ça veut dire que son statut a changé : elle était allée avant dans le nuage, sous le nuage, en dessous de ces niveaux majeurs, donc elle était avec des obstacles au-dessus. Quand elle a franchi ces obstacles, cela veut dire qu’il y a une masse d’acheteurs qui se sont rués dessus. Donc on peut tout à fait faire ce parallèle.

JDH : Très intéressant. Alors, est-ce que tu peux nous parler de ce nouveau livre, Trading Ichimoku, et le rapport qu’il entretient avec Le Pouvoir d’Ichimoku, car je présume que l’un est le prolongement de l’autre ?

DCL : Oui. Le premier était vraiment un livre d’apprentissage de la méthode, essentiellement pédagogique ; je parlais de trading, mais sans véritablement entrer dans la réalité du trading. Quand je parlais de trading dans le premier livre, je restais exclusivement sur un plan technique : les conditions d’entrée, les positionnements du stop, les take profit, donc c’était la partie technique du trading.
Le deuxième, il s’appelle Trading Ichimoku. C’est un livre 100 % de trading. Je ne fais plus d’approche pédagogique.

JDH : Donc là, c’est opérationnel, c’est fait pour investir ?

DCL : Totalement. Ce sont les meilleures stratégies pour gagner de l’argent, et j’ai voulu véritablement le titre « Pour gagner de l’argent ». Là, on est sorti de la démarche pédagogique du Pouvoir d’Ichimoku.
Dans le livre, ça se traduit par plusieurs éléments fondamentaux, avec uniquement des cas pratiques. Il y a une vingtaine de vrais trades, que j’ai faits ou que j’ai conseillés à un de mes clients principaux et qui sont sur sa chaîne YouTube. Donc tous les trades que j’indique sont des trades que l’on peut contrôler. Ils ont tous été faits dans une même période entre, globalement, janvier et mars 2026. Il y a environ une vingtaine de trades, tous réels, c’est-à-dire que j’ai fait une copie d’écran au moment où je suis rentré en position, où il y a le stop, les objectifs, les niveaux d’entrée ; puis j’ai fait une copie d’écran à la sortie. J’ai mis tous les trades, gagnants comme perdants ; je le répète, tous sont contrôlables dans le suivi sur le site que j’indique à l’intérieur du livre. Je voulais donc véritablement, vis-à-vis du lecteur, être dans la réalité pratique. Voilà le premier point.
Il se trouve que j’ai certainement été dans cette période – parce que j’étais en train de préparer le livre – encore plus concentré, et je sors sur cette période un taux de réussite contrôlable de 80 % des trades. Mon niveau moyen est en dessous, plutôt autour de 75 %, grâce à Ichimoku.
La deuxième chose qui correspond vraiment au trading : la psychologie, parce que beaucoup de choses se jouent sur cette psychologie. Il y a un certain nombre de livres sur la psychologie du trading, je n’allais donc pas refaire ce que d’autres ont fait. J’ai pris le parti suivant : j’ai pris la main du lecteur, et j’ai partagé avec lui mes sentiments au moment de rentrer en position, le long du trade, et mes réflexions lorsque j’arrive à proximité de l’objectif – car on peut sortir à l’objectif, on peut se dire qu’on continue parce que le mouvement est bien engagé, on peut se dire qu’on vend une partie de la position pour assurer un gain et continuer, etc. Donc à chaque situation où on se rapproche, je partage avec le lecteur les sentiments que j’ai eus à ce moment-là. Ça montre que la psychologie fait beaucoup : j’ai plusieurs cas où je me suis retrouvé dans la même situation, mais dans un ressenti psychologique qui était différent, et je n’ai pas toujours pris la même position sur des situations similaires. Je me rappelle une fois où je suis même resté complètement en position, je venais de réussir 5 ou 6 trades gagnants d’affilée, il y avait une forme de phénomène d’euphorie – les phénomènes d’euphorie peuvent être à la fois très positifs mais aussi le premier élément qui va entraîner les pertes : on est sûr de soi, on ne respecte pas les règles. Il y a un point sur lequel j’insiste en permanence : je me donne un certain nombre de règles fondamentales. Quand on rentre en position, il faut que toutes les règles soient respectées ; si on ne respecte pas une règle, c’est très souvent le grain de sable qui va faire que le trade sera perdant.
J’ai un exemple, que je décris dans Trading Ichimoku, de trade perdant, au mois de mars, sur Gecina. Vers 14 h, j’ai une situation qui me convient très bien, le signal est donné. J’appelle donc mon client pour qu’on fasse la vidéo, qui est sur sa chaîne YouTube aujourd’hui ; on l’a faite, et une heure après, les choses ont changé. Le signal n’est plus donné, et bien évidemment, mon stop a été touché. Que s’est-il passé ? Tout simplement, quand on rentre en position sur les actions, il y a des heures où on trade, et d’autres où on ne trade pas. J’étais tellement sûr de mon coup que je n’ai pas respecté le bon horaire pour rentrer en position. Donc ce qui devait arriver arriva : le marché s’est replié avant la clôture, et évidemment, j’ai perdu.
Maintenant, chaque fois que je veux trader parce que je suis sûr de moi, je pense : « Rappelle-toi Gecina. » Donc ce sont toutes les règles qui doivent être respectées.

JDH : Très bien. Donc Trading Ichimoku est un recueil de cas pratiques et de conseils clairement donnés ?

DCL : Non, je ne donne pas de conseils et je ne veux pas donner de conseils. Chacun est libre de ses choix, et je ne suis pas à la place des autres personnes. Moi j’explique : « Voilà comment je fais, regardez le résultat ; si ça vous intéresse, backtestez et puis adoptez. » Mais je ne donne pas de conseils également pour une deuxième raison : le trading, c’est la meilleure école de l’humilité. Il y en a beaucoup qui donnent des conseils en trading, mais moi, je veux rester humble et modeste par rapport à l’approche des marchés qui est tellement compliquée que j’ai mis au point des méthodes ; j’ai fait de la recherche, j’ai backtesté, je trade, je donne les trades, et voilà ce que ça donne. Inspirez-vous-en si ça vous intéresse.

JDH : Merci beaucoup de cette interview pour les lecteurs de Francebourse.com!

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